07 juin 2009

7th Street

Un avant goût du volume 2 des Groove Sessions de Chinese Man records avec le clip de "7th Street", initialement situé sur le vinyl de Sly Small City Music !



07 février 2009

Gibbons experience

Encore une fois, un petit pansement pour cacher le vide laissé par ces notes qui doivent venir... mais qui n'arrivent jamais.

Je connaissais la chanson, mais je n'ai découvert les images qu'aujourd'hui. Je vous laisse quelques minutes en tête-à-tête avec Beth Gibbons et ses Mysteries.

 

16 septembre 2008

Tous les chemins mènent aux Roms

Le vent du destin   

En ces temps...
... où les Roms reviennent à la mode (pour le meilleur, et souvent pour le pire si l'on en croit l'article de ce fabuleux média qu'est 20 minutes*, publié à l'occasion du sommet européen de lutte contre les discriminations à l'encontre des Tsiganes)...
... et où je ne prend pas le temps d'écrire grand chose parce que je travaille (pour le droit au logement opposable ; les Roms n'étant jamais bien loin)...
... je n'écris aujourd'hui que quelques lignes, au son de Goran Bregovic et à la gloire des Balkans.

J'en profite également pour vous conseiller le magnifique livre de photos de Françoise Brabo, Le vent du destin : manouches, roms & gitans, aux éditions Seuil. Et aussi vous faire part de petites curiosités étymologiques concernant ces personnes venues il y a un millénaire du Rajasthan, et que l'on connaît sous de multiples noms, généralement salement connotés :

Rom signie "homme" en romani, et ce terme a été adopté en 1971 par le Conseil mondial rom.
Gitan est un dérivé de "Egyptien" (cf. le terme anglais "gypsy").
Manouche vient de "manush", qui veut dire "être humain" en romani.
Tsigane est une transcription du terme grec athinganos "ceux qui ne touchent pas", car les Roms saluaient mains jointes (ils étaient peut-être aussi un peu intouchables).

*
*   *

* Réf. 20 minutes n° 1464 du mardi 16 septembre 2008, consultable sur 20minutes.fr, où l'on apprend que l'Italie a eu l'accord de Bruxelles pour ficher les immigrants "roumains", en leur collant notamment une étiquette - plus exactement, un formulaire accompagné d'une pseudo-carte d'identité - mentionnant leur "ethnie" et leur "religion". EDVIGE, c'est comme l'eugénisme : on n'en veut pas chez nous, mais on peut toujours tester sur les autres.

06 août 2008

Le retour des cuivres hypnotiques...

... découverts il y a un mois lors de l'Honest Jons Revue aux Nuits de Fourvière (cf. billet du 15 juillet). Après recherches, il s'avère que le morceau de l'Hypnotic Brass Ensemble que je vous proposais partiellement sur ma vidéo s'intitule "War", et qu'en version officielle, il est accompagné d'un chouette clip que je vous colle ici : 
 


Edit du 26 août...
Tout aussi chouette que cette vidéo, une version de "War" avec Freeway, Jay-Z et Beanie Sigel. C'est bref, mais ça vaut le coup, et c'est
ici !

15 juillet 2008

Honest Jons Revue

Un magasin de disques qu'il est cool.Mes amis, quel concert !

Déjà, j'étais arrivée au théâtre romain de Fourvière en ce 10 juillet avec le sourire aux lèvres, mais, fait extraordinaire, ma bonne humeur est même allée crescendo. Ceux qui me connaissent verront là le signe d'une soirée particulièrement exceptionnelle !

Tout a commencé par le contraste amusant entre le tas de vieilles pierres servant de décor et l'effervescence qui commençait à monter sur scène avec l'arrivée des musiciens et de leurs instruments divers et variés.

L'éclectisme était de mise de soir-là, puisque rappelons-le, l'Honest Jons Revue était l'un des 3 concerts proposés par le label Honest Jons – la première manifestation, An Honest Jon's Chop Up! s'étant tenue le 5 juillet au Barbican Centre de Londres, tandis que la troisième eu lieu dans le cadre du Lincoln Center Festival le 12 juillet au Avery Fisher Hall, à New-York.

Honest Jons, c'est le label créé par Damon Albarn et les propriétaires d'Honest Jons Records, « boutique interlope de disques de toutes sortes » sise dans le quartier londonien de Portobello (dixit Wikipédia, et dont j'avais déjà brièvement parlé ici), et ce triple événement musical était l'occasion de faire connaître un peu mieux les artistes diffusés par ce label touche-à-tout, à l'image de son estimé cofondateur.

N'goniKokanko Sata Doumbia a ouvert le bal, se révèlant « en Nina Simone malienne, voix exceptionnelle et virtuose du n'goni, qu'elle utilise comme Hendrix ses guitares électriques »1, puis a laissé la place à « trois chanteuses américaines [qui ont rejoint] tour à tour les musiciens : une diva de la soul, Candi Staton, une hippie décalée aux tendances country, Victoria Williams, et une chanteuse folk, Simone White dont les mélodies nous emmènent le long d'une route 66 qui aurait pris un sacrée coup de jeune. »2

Cette introduction, 100 % féminine et bigarrée, a ouvert la voie (la voix ?) à la fusion des genres, qui s'est progressivement faite à grand renfort de cuivres, balafon, guitares et basses, n'goni, mélodica, calebasse ou harmonium, nous conduisant « tantôt […] dans de lointaines contrées au son des chants maliens, tantôt […] au coeur de l'Amérique, [grâce] à un éventail de la richesse de la musique malienne, mêlée à la soul et au jazz-rock de l'Hypnotic Brass Ensemble, une formation de sept cuivres électriques, qui a enflammé Fourvière ! »2

 

L'Hypnotic Brass Ensemble, fanfare tout droit arrivée de Chicago, en action !

Lobi TraoréPoint de féminisme dans mes propos : les hommes ont été très bien aussi ! Echappé de The Good, the Bad and the Queen, était présent (outre Simon Tong) Tony Allen, qui « [a marié] sans peine ses percussions aux cuivres déchaînés [de l’] Hypnotic Brass Ensemble »1, tout comme « l'extraordinaire Lobi Traoré, guitariste exceptionnel, revendiquant son amour pour John Lee Hooker et Johnny Halliday (sic !), [qui] montre que la musique malienne peut avoir l'énergie euphorique du rock le plus percutant »1. Mention spéciale aussi pour Afel Bocoum, le partenaire de Mali Music, au sourire aussi immense que la beauté de « son blues malien épuré et fragile ».1

Et même si la nuit était tombée depuis longtemps sur Fourvière, le « Sunset Coming On » final a été sublime, avec au micro un Damon Albarn assez sage, encadré par le trio de choristes soul-country-folk d'un côté et l'Hypnotic Brass Ensemble de l'autre.

Le maître de cérémonie a réussi par sa notoriété à rassembler un public curieux et joyeux, et il a su rester très discret sur scène sans cacher pour autant son plaisir. La fin de soirée informelle au son des cuivres loin de la scène prouve d'ailleurs que le pari de « faire voler en éclats les barrières » (philosophie d'Albarn) a été tenu.

Un concert simplement inoubliable.

 


En prime, une petite vidéo illégale ET de mauvaise qualité où vous retrouverez la fanfare sensationnelle de l'Hypnotic Brass Ensemble et la chanson de fin du concert, avec en guise de choristes de luxe, Mrs. Staton, Williams & White et dans le rôle de l'accompagnement, les cuivres de Chicago et la fine fleur des musiciens maliens et nigérians !
 


Merci et longue vie à mes sources !

1. Le Petit Bulletin
2. MygMusique

Une vidéo un peu plus officielle ici...

08 mai 2008

Damoniaque

Retour dans l'Amèle Connection !

SONGS TOO

BlurMélangez les années 90, un leader assez charismatique, des refrains entraînants, des clips qui fustigent gentiment la société (« Parklife » qui prouve que la Modern Life Is Rubbish…) et des textes sympas mais pas transcendants non plus. Vous pourriez obtenir Oasis, The Verve, Suede, Pulp, Elastica, mais c’est de Blur, versant un tantinet aristo de la brit pop, dont je vous parle.

Blur, ce sont 4 gars du sud-est de l’Angleterre, ou plus exactement, comme le suggère la photo, un mec et ses 3 musiciens (Graham Coxon, Alex James et Dave Rowntree). « Je passais pour un sale môme agité, et Blur pour une bande de fêtards sans avenir  »1  avoue Damon Albarn, pour ne pas dire qu’il tyrannisait son groupe et avait déjà fait, à 20 ans et quelques, l’expérience de ce que la société du spectacle a de plus corrupteur. Naviguant de succès en succès et surfant quand même un peu sur la vague de la guéguerre avec les frangins mancuniens, le groupe pond des hits et des chansons souvent quelconques sans se lasser.

Puis le tournant survint. Avec ses deux derniers albums, Blur s’éloigne de sa pop sucrée et lorgne plus vers le lo-fi expérimental. La jaquette de l’avant dernier album, 13, dessinée par Graham Coxon, est comme un rappel du son parfois torturé de l’album, me faisant penser, avec des milliers de pincettes, à certaines créations de Radiohead période 2000-2001.

Et c’est sans Coxon, perdu dans sa peuf, que Blur conclue sa discographie et ses influences world music, avec Think Tank (tout un programme), « disque le plus groovy de la carrière du groupe, caractérisé par un éclectisme de rythmes, de textures et de mélodies ». 2  Bon, perso, j’adhère pas, et je préférais la pop tendance barbe à papa qui avait le mérite de pas trop se prendre la tête.

Pour les fans, et au grand désespoir de ma coloc Clémence, il est peu probable que Blur se reforme, et ça ne serait d’ailleurs pas très raisonnable.

J’en termine avec ce groupe sur ces belles paroles de l’ami Albarn datées de 2006, qui m’assurent une transition potable : «  tout ce qui m'intéressait, avec mon groupe Blur, c'était l'énergie du moment, la fougue. Mon vocabulaire musical était très limité. Maintenant que je dispose de tous ces atouts, j'ai envie d'en jouir pleinement.  »


2-D OR NOT 2-D ?

GorillazLes atouts, le mec a commencé à les abattre dans les bacs en 2001, avec modestie, planqué derrière 4 petits bonshommes survitaminés. Je me souviens avec précision de ce moment.

J’étais au lycée, et mes derniers CD de Blur tournaient en boucle dans le foyer du bahut (principalement Blur, parce que 13 laissaient les gens nettement plus sceptiques). Mélanie, la skateuse locale, est arrivée, un CD à la main, en disant : « ça vient de sortir, je l’ai acheté parce que la pochette est trop chouette ». Vous l’aurez deviné, il s’agissait de Gorillaz, le groupe et l’album. Le passage de flambeau s’est donc fait tout naturellement.

Je ne sais pas ce qui m’a séduite en premier, de l’univers graphique ou de l’air frais musical qu’apportait tout à coup Gorillaz. Les deux, sans doute, égales performances indissociables l’une de l’autre. Les personnages de fiction sont d’ailleurs une façon de dire que (cette fois ?) la création musicale est plus forte que le star-system : dépasser la contingence de l’enveloppe, en prouvant que c’est le contenu qui importe. Il n’empêche que les personnages en question auraient de quoi attraper la grosse tête en voyant la qualité des concerts en hologrammes ou du site Internet interactif de Gorillaz

Quitte à briser un mythe, je tiens à dire ici aux gentils naïfs qu’il y a bien des vrais gens qui font tourner la machine : Albarn bien sûr au chant et aux claviers a inspiré l’énigmatique 2-D, Del tha Funkee Homosapien (de Deltron 3030 et Hieroglyphics) ressemble à Russel le batteur-percussionniste, Miho Hatori est la voix de Noodle et Jamie Hewlett joue le personnage sataniste de Murdoch Nicalls, le bassiste.

Jamie Hewlett est surtout celui sans qui Gorillaz ne serait qu’un groupe de fades humains et non cette «  communauté de musiciens et d'amoureux de la musique, de l'image, du graphisme »1 : il a en effet créé les personnages, les a dotés de vies autonomes et les a même fait évoluer graphiquement du premier au second album.

En plus de ces « acteurs principaux », une multitude de stars viennent donner de la voix ou du rythme chez Gorillaz : Dan ‘The Automator’ Nakamura (Deltron 3030, Lovage, Handsome Boy Modeling School…), Kid Koala ou encore Ibrahim Ferrer sur « Latin Simone (Que pasa contigo) » sur le premier album ; De La soul, Ike Turner, Debbie Harry, Dennis Hopper, Madonna, Shaun Ryder, Martina Topley-Bird ou Simon Tong pour les lives du second opus, Demon Days, sorti en 2005. Et j’en oublie.

Et même si ce second disque promettait des lendemains qui chantent à Gorillaz, il semble que l’éphémère projet reparte comme il est venu, nous laissant peut-être un troisième-album-bande-originale-d’un-film (Bananaz) en consolation, et puis aussi le fait que « parce qu'il refuse de se singer, Damon Albarn est toujours en avance d'un projet. » 1 Et hop, une deuxième transition à l’œil !



ENGLAND, LONDON (IN BLACK AND WHITE) CALLING DAY

The Good, the Bad and the QueenJe saute des étapes pour arriver plus vite à cette troisième formation qui m’intéresse beaucoup : The Good, the Bad and the Queen. En soi, elle ne sent pas trop le neuf : des clips en noir et blanc, le batteur Tony Allen déjà rencontré auparavant (j’en reparle plus loin), Simon Tong le guitariste de The Verve, qui avait déjà collaboré sur Gorillaz, et enfin Paul Simonon le bassiste des Clash ressorti de la naphtaline pour l’occasion. Il y a comme un air de London Calling en ces Damon Days.

Je ressens face à cet album un sentiment que j’éprouve rarement en écoutant un disque : il n’y a rien à jeter, probablement parce que les musiciens sont bons, les arrangements excellents (grâce à Danger Mouse, qui avait également produit Demon Days) et qu’on y sent le retour aux sources après trop d’années.


BAMAKO CITY DWELLER AND WORLD CITIZEN

Mali MusicMais les projets de Damon Albarn ne se résument pas à ces trois « groupes ». En 2002, le gars avait ainsi étonné son petit monde en rapportant du Mali des dizaines d’heures de musique, qu’il avait transformées en un disque éclectique mélangeant instruments maliens et bidouillages londoniens, Mali music, fruit de son travail avec Toumani Diabaté, Afel Bocum, Ko Kan Ko Sata Doumbia ou encore Hama Sankare.

Mali music a été diffusé sous le label Honest Jon’s, fruit de la collaboration d’Albarn avec ses potes disquaires de Portobello Road (j’ai d’ailleurs hâte d’aller voir ce que donne l'Honest Jon’s Revue aux Nuits de Fourvière début juillet, avis aux intéressés). Un label sous lequel est également sorti… The Good, the Bad and the Queen, les créations de Tony Allen (batteur de Fela Kuti et "co-pionnier de l'afrobeat") ou Democrazy, projet « étrangement solo » d’Albarn, dont je ne vais pas parler et que nous allons nous empresser d’oublier !

Définitivement, rien ne sied mieux à Damon Albarn que la coopération en musique, même très brève. Il a ainsi écrit pour Marianne Faithfull (« Last Song »), Terry Hall de Fun Boy Three et The Specials (« Chasing A Rainbow »), Fat Boy Slim (« Put It Back Together ») et a également, à l’époque de Blur, chanté « To The End » avec Françoise Hardy (Brian Jones, sort de ce corps !).

1879431014.jpgL’éclectisme est aussi de mise, quand on sait que le sieur Albarn a même créé un opéra-pop… inspiré d’une légende chinoise – Monkey : Journey To The West – rassemblant plus de 70 artistes chinois sur scène (acrobates, chanteurs d’opéra, interprètes d’arts martiaux…) dans des décors conçus par Jamie Hewlett. Une sorte de petit cousin de Gorillaz, en somme.

Last but not least, en synthèse de tout ce qui a été cite avant, Damon Albarn est un original soundtracker de talent, avec un léger penchant pour les films un peu marginaux. Citons dans le désordre Ordinary Decent Criminal (composition d'une partie de la BO), 101 Reykjavik (un p’tit film islandais décalé fort amusant) avec Einar Orn Benediktsson, Ravenous (western gore, un délice…) et une petite apparition sur la bande son de Trainspotting (avec Blur pour « Sing » et tout seul, pour le rigolo « Closet Romantic »).


Endossant tous les rôles et changeant sans cesse de personnage (Dan Abnormal pour Blur ; 2-D, Murdoch et Noodle à la fois pour Gorillaz) à la façon de Bowie, Damon Albarn est un passionné touche à tout, qui réussit presque tout ce qu’il entreprend.


A suivre donc.


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*   *

The Good, the Blur and the Gorillaz

1/ Source : un blog sympa sur Gorillaz.
2/ Source : Wikipédia.

Je m’en suis inspiré et je vous les conseille : 
- 2 chroniques sur les derniers albums de Blur
- Une interview de Damon Albarn au sujet de Gorillaz
Une galerie très fournie d’images sur Gorillaz.
- A propos de la formation de The Good, the Bad and the Queen.
- Sur Deltron 3030.
- Un blog musical nordiste touche à tout.

Et bien sûr, les sources officielles :
- sur Blur : site et Myspace.
- sur Gorillaz  : site avec visite des studios Kong et Myspace.
- sur The Good, the Bad and the Queen : site très fourni et Myspace.

  

28 février 2008

C-3PO

Vous vous souvenez de la note que je vous ai promise il y a bien longtemps ?
Eh bien ça ne sera pas encore pour cette fois-ci !

*

Aujourd'hui, petit billet non prémédité.

Voici Manuel avant la réforme Fillon.


CONTEXTE.
J'ai le plaisir de vivre en colocation avec beaucoup de gens. 100 % d'entre eux sont mélomanes, et ils sont aussi musiciens (mais seulement à 95 %). Le dernier en date de ces colocs fait même de la musique son futur gagne-pain, et se doit donc d'être au fait de l'actualité musicale. Surtout celle qui se fait avec des ordinateurs et des machines bizarres, et des termes techniques un peu abscons. Cela explique que de la presse spécialisée traîne dans les ouatères, une presse que je n'aurai jamais eu l'idée de lire si elle ne s'était pas trouvée là. Bref. J'ai découvert dans le dernier numéro de Trax l'existence d'un gars qui doit maintenant approcher de la retraite, et qui s'appelle Manuel Göttsching. Si j'ai bien compris, ce gars était membre du groupe Ash Ra Tempel, un truc visiblement un peu chelou, vu l'époque, les jaquettes, et la mention dans l'article de Philippe Garrel et de Nico, le fantôme du Velvet. Y avait aussi Can, mais ça, c'est pas très chelou quoique allemand et un peu méconnu.

podcast
Can : "The Thief" extrait de Delay 1968

 

VENONS EN AU FAIT.
Que lis-je ? "La légende raconte que Larry Levan, le mythique DJ du Paradise Garage, ait demandé que 'E2-E4', de Manuel Göttsching, soit joué à ses funérailles." Beaucoup d'inconnues dans ce paragraphe. Me battant les miches avec des portes-fenêtre dudit DJ, je m'intéressai cependant à ce mystérieux titre, E2-E4, "ovni [qui] hante toujours la musique électronique moderne". Je pianote donc sur Mouvement Quotidien, et que trouve-je ?

Ceci !


ET ALORS ?
Et alors rien, j'ai trouvé ça chouette, c'est tout.

*
Et parce qu'il n'y a vraiment que dans la douleur que l'on écrit de belles choses, j'ai envie de faire ici un lien vers deux des univers dans lesquels je croque un peu tous les jours : celui de Dirty Epic (la boucle est bouclée...) qui m'a sciée avec ses Acouphènes, et celui d'Eleatypik, à la plume aussi singulière "que le bleu de ses yeux".

19 janvier 2008

"Tête à claques, mais pas que..."

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Le Petit Bulletin (tout comme Hétéroclite, "le mensuel gay mais pas que...", dont j'aime beaucoup la rubrique "Sport") fait partie de ces rares petits journaux gratuits que l'on peut se procurer hors de toute coercition.

[Digression / Pensée émue pour tous les distributeurs de Métro, 20 Minutes ou encore Direct Soir, qui, qu'il pleuve, qu'il neige ou qu'il vente, nous submergent de leur presse répugnante. Les enfants, je suis consciente que c'est un boulot à la con. C'est pourquoi il m'arrive parfois d'accepter un de vos torche-cul, que vous accompagnez en général d'un sourire navré et d'un timide "merci". Y'a pas de quoi. / Fin de la digression]

Le Petit Bulletin, donc, est un journal de la région lyonnaise (une édition à Lyon, une autre à Grenoble) que je lis avec plaisir, et qui se veut l'hebdo gratuit des spectacles dans le secteur. Je me plie rarement aux programmes proposés, mais je lis avec plaisir la plupart des articles. Pour l'exemple, et pour vous faire patienter un peu en attendant le billet annoncé ici, voici 2 articles issus de l'édition de la semaine dernière. Merci à l'auteur, Stéphane Duchêne.

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MAUVAIS GENIE

d1945d29b28214f22b4d537155aaf266.jpgPortrait / Génial et agaçant, pathétique et flamboyant, Pete Doherty, mauvaise graine du rock anglais, devait venir dévergonder la cité lyonnaise avec ses Babyshambles le 15 janvier. Concert finalement reporté au 5 février pour cause de convocation judiciaire de dernière minute. De chronique musicale en chronique judiciaire, que reste-t-il de l'ex-sauveur du rock à guitares ?

«Qu'as-tu fait de ton talent ?», interroge, dans la Bible, la Parabole des Talents. Une question qui pourrait hanter un Pete Doherty qui semble s'être toujours efforcé de gâcher le sien avec application. Besoin d'une preuve ? En plein bouclage de ce numéro nous apprenons que le concert (déjà complet) du 15 janvier au Transbordeur, à l'occasion duquel nous avions choisi de nous pencher sur la personnalité dissipée de l'intéressé, est reporté au 5 février. Raison invoquée : le petit Pete est convoqué à cette date par le juge pour cause de contrôle judiciaire. Reliquat procédural d'une poignée d'embardées qui ont tout autant handicapé sa carrière qu'elles n'ont fait de Doherty un phénomène de société peu ou prou équivalent à ce qu'à pu être Kurt Cobain par exemple. Pourtant à l'inverse d'un Cobain, Doherty n'endosse pas, même malgré lui, le discours d'une génération ou le malaise d'une société vacillante. Il en incarne simplement les excès, porte les stigmates d'une inévitable tentation décadente. Un «Rimbaud punk», dit-on parfois un peu vite pour marquer l'admiration dont il est l'objet, et sa dualité.

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Soleil d'Albion
Pas plus «Rimbaud punk» qu'il n'y a de Prévert funk, Doherty est surtout de cette nouvelle race de rockers Hedi Slimane (qui en a fait sa muse), pour Elle plus que pour lui, qui s'avèrent de plus en plus rarement musiciens, comme d'autres sont de moins en moins politiciens ou journalistes. C'est certes en partie grâce à lui que le rock est revenu des enfers : début des années 2000, Sainte Trinité Strokes-White Stripes-Libertines, introduction du slim dans les beaux quartiers. Mais, avec un peu de recul, ce qui frappe chez Doherty, c'est le décalage manifeste entre le culte dont il est l'objet et son impact artistique réel : assez faible en dépit des deux bombinettes qu'il sortit avec feu les Libertines et sa moitié musicale d'alors, Carl Barât. Car au gré de ses expériences psychotropes et pénitentiaires (cocaïne, héroïne, crack, ecstasy, alcool, gerbes publiques, overdoses, condamnations, désintox avortées en cascades) et de ses amours de podium (les mannequins Kate Moss et Irina Lazareanu), Doherty a probablement davantage fait, et mérité, la Une du Sun et du Daily Mirror, tabloïds torchonneux que dévorent les Anglais à l'heure du thé au fiel, que de Rolling Stone ou de Mojo. Reste qu'il a écrit quelques tubes qu'on ne lui enlèvera jamais, avec les Libertines surtout. The Good Old Days, Up the Bracket, Can't Stand me now, What a Waster, aux références dégoulinant de source : Small Faces de pet, Kinks vibro-masseurs, Clash tous risques, le talent suinte de partout mais, comme le soleil d'Albion, a rarement l'occasion de se dégager des vapeurs ambiantes. Quand c'est le cas, sa voix et la facilité avec laquelle il trousse une mélodie d'une seule main (l'autre s'occupant de la seringue) enterrent la concurrence. Mais à de rares exceptions depuis les Libertines, cela arrive de moins en moins.

Zelda trash
Au fond, la musique ne l'intéresse peut-être pas tant que ça. Fou de littérature classique, Doherty n'a construit sa culture musicale que par l'entremise de son alter ego des Libertines Carl Barât qui l'a initié aux mentors qui irriguent sa musique. Et il se vit peut-être moins comme une rock star (on le dit très disponible avec ses fans et peu avare de récitals intimistes) que comme le personnage d'un roman à écrire chaque jour, adepte du précepte wildien que la télé réalité et les tabloïds ont remis au gout du jour : faire de sa vie une œuvre d'art (il n'y a que dans un roman que l'on cambriole son meilleur ami (Barât, toujours) quand celui-ci donne un concert ou qu'on s'évade au bout de deux jours d'une clinique de désintox thaïlandaise hors de prix réservée à la jet-set). Quitte à devenir une caricature : pour les uns, un personnage de cartoon, Vil Coyote singeant Lord Byron pour faire baver les collégiennes. Pour les autres, une sorte d'Oliver Twist exilé chez Fitzgerald, entre misère dorée et décadence stupéfaite avec la pathétique Kate Moss en guise de Zelda trash. De temps en temps, pourtant, Pete sort un album, ici nommé Shotter's Nation, que tout le monde entend déjà sonner la fin de la récré et le début de la rédemption. Cette fois, pense-t-on, c'est sûr, Pete s'est mis au boulot et à la verveine et a décidé d'arrêter les frais (de justice). Lui-même, alimente la chronique à coups de «je n'ai jamais été aussi fier d'un disque que de celui-là bla bla bla» paresseusement énoncés à la chaîne dans des salons d'hôtels open bar, entre deux je vais mieux, je suis en paix avec moi-même» à même de rassurer des fans qui de toute façon le préfèrent chancelant. Et de fait, malgré les bâclages en règle et les concerts fumeux (il faut voir le DVD live Up the Shambles où les Babyshambles se désintègrent en direct, incapables d'aligner trois notes), on ne parvient jamais à être totalement déçu. Parce qu'au fond, c'est peut-être ce qui touche chez Doherty : il peut écrire des hymnes à jouer dans les stades, mais on ne sait jamais s'il sera capable d'enfiler son short et de sortir des vestiaires. La postérité, notariale et impitoyable, se chargera toute seule de faire le tri et livrera, ou pas, les dividendes de ce talent dont Pete ne sait que faire.

*

SO BRITISH

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Figures /
Héros anglais
décadents, ils ont montré
le très british chemin de
l'excès à Pete Doherty.


 

Dorian Gray
Si Dorian Gray avait vécu à notre époque, comme l'a fantasmé l'écrivain Will Self avec Dorian, relecture 2.0 du chef d'œuvre d'Oscar Wilde, on aurait pu également lire la chronique quotidienne de sa dépravation dans les tabloïds anglais. C'est à cette presse bis que Pete a abandonné la critique de son chantier individuel d'autodestruction, performance in vivo mêlant l'adage wildien de Dorian «faire de sa vie une œuvre d'art», père du «vivre vite, mourir jeune». Les deux, Dorian et Pete, sont des figures indétrônables d'une culture populaire anglaise qui a toujours fondu devant le mélange 50% gentleman, 50% raclure, pressenti chez Stevenson avec Jekyll & Hyde.

Sid Vicious
As de la défonce, le bassiste approximatif des Sex Pistols est la première rock star sans œuvre. Bénéficiaire du cynisme du manager Malcolm McLaren qui trouvait vendeurs ses airs de goule trisomique, il était surtout un virtuose de la chaîne de vélo (avec laquelle il molestait tout ce qui passait : rivaux, journalistes, fans). Reste cette reprise légendaire du standard My Way, chanson de geste punk et manifeste du «Do It Yourself», dont le clip le montrait réalisant l'ultime fantasme des surréalistes : tirer sur la foule.

Paul Gascoigne
La liste est longue des idoles du foot britannique qui ont dissout leur talent parce que le sport n'était pas leur préoccupation première (mais la quatrième après l'alcool, la baston et les bordels thaïlandais) : George Best («En 1969, j'ai arrêté les femmes et l'alcool, ça a été les 20 minutes les plus dures de ma vie»), Vinnie Jones, Tony Adams, Roy Keane, Dennis Wise ou Joey Barton (actuellement emprisonné pour violences diverses). Bedaine de docker et panse de brebis en guise de cervelle, Paul «Gazza» Gascoigne fut le plus grand d'entre eux. Génie incontrôlable de la balle au pied et de la main au godet, les Anglais ne l'échangeraient pas contre tous les Zidane du monde. Chez eux, un type qui boit de la Volvic dans les vestiaires, ça fait mauvais genre.

26 mars 2007

Cas Clinic

medium_Internal_Wrangler.jpgLiverpool n'a pas produit que des groupes à minettes, en témoigne cet album de Clinic, pondu à peine 5 ans après la naissance du groupe. Internal Wrangler, c'est un concentré (en 31'5'') de bonne humeur, de voix tantôt douces, tantôt dignes des Arctic Monkeys, tantôt carrément absentes, laissant la place à des instruments qui partent dans tous les sens. 13 pistes qui vont faire votre bonheur.

Ma préférée : DJ Shangri-La.
podcast

15 décembre 2006

En Picardie, le beat est bon !

Kamini, il dit bye-bye à Corneille.
Kamini, c'est le MC Solaar de l'Aisne.
Kamini, il sait faire le moon-walk dans les escaliers.
C'est entraînant et c'est ici :

 

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