09 octobre 2008

Imprévisible Danny Boyle

Danny Boyle // UK // Sunshine // Trainspotting // Millions

 


Rien de tel pour commencer cette saga « réalisateurs » qu’un bon vieux Danny Boyle. Et rien de tel pour accompagner Danny Boyle que quelques titres emblématiques qui ont bercé ses films. A vôt' bon coeur Messieurs-Dames !

 

 

 

Danny Boyle, c’est ce mec de Manchester, qui a commencé sa carrière dans le monde du théâtre et dans les productions austères de la BBC, où pour notre plus grand bonheur, il a rencontré une partie de son équipe de choc : Andrew MacDonald (producteur), John Hodge (scénariste), Brian Tufano (directeur de la photographie) et Masahiro Hirakubo (monteur). Et là, la machine s'est enclenchée, vu que le père Danny et ses potes ont alors commis une des plus extraordinaires trilogies que la terre ait jamais portée (loin devant Star Wars, le Seigneur des Anneaux et le Monde de Narnia) : the Bag of Money Trilogy.

 

Bon, j'avoue, même en étant totalement fan du travail de Danny Boyle, j'ignorais qu'il s'agissait d'une trilogie ; je ne l'ai appris qu'hier en faisant des recherches. Et pourtant, un détail aurait dû me mettre la puce à l'oreille : ze bag of money. Reprenons les 3 « premiers » films connus et reconnus de Danny - Shallow Grave (Petits meurtres entre amis), Trainspotting et A Life Less Ordinary (Une vie moins ordinaire) - et trouvons leur point commun. Immonde attaché-case dans le premier opus, HEAD en cuir vintage dans le second, et valoche à la Mary Poppins dans le troisième, il est bien là : ze bag of money. Je rajouterais bien que la trilogie est en fait une quadrilogie, puisque le bien nommé Millions possède aussi son bon vieux sac rempli de coupures de £50, mais passons. 

Millions

Malgré cet élément bagagier commun à chaque film de Danny Boyle (enfin, ceux de la trilogie, c'est-à-dire ceux qui ne sont pas adaptés d'un bouquin d'Alex Garland), et l’omniprésence de mon chouchou Ewan McGregor (qui, au passage, a dû ramasser un big bag of money), chacun prend une direction différente.

Petits meurtres entre amis, c’est l’humour noir anglais et l’invention d’un genre qui ne porte pas vraiment de nom mais dont nous reparlerons un peu plus loin, dans un prochain billet. Un truc suffisamment bizarre pour qu’au festival du film policier de Cognac, en 1995, on le qualifie d’OVNI, et qu’on lui décerne le grand prix en plus du prix du public. Cynique, sanguinolent, et accompagné de Leftfield et Nina Simone dans la bande son : ça ne pouvait que me plaire.

Trainspotting, je ne vais pas m’étendre dessus, parce que je ne serais pas objective. Le cynisme des personnages s’efface un peu devant le cynisme de cette époque où le désespoir ambiant tutoyait en une injection des paradis bien artificiels.* N’oublions pas également que la bande originale du film, à défaut d’être très originale, est excellente, et que Robert ‘Franco Begbie’ Carlyle compose ici un de ses grands rôles de psychopathe (nous y reviendrons également). Que rajouter à ça, sinon que Danny Boyle reprend l’histoire écrite par Irvine Welsh (souvenez-vous de Mickey Forrester…) quelques années auparavant, en y enlevant des personnages et en y ajoutant plus d’humour. Irvine Welsh qui a écrit un certain nombre de bouquins, toujours à la limite du glauque, dont Porno, qui se veut la suite, 10 ans plus tard, des aventures des plus célèbres junkies d’Edimbourg (au cinéma, on dit « séquelle », je crois).

Une vie moins ordinaire, à ne pas confondre avec la chanson du même nom de Grégory Lemarchal, c’est un peu les éléments comiques des deux films précédents auxquels on ajouterait beaucoup de couleur, de lumière, de mormons et de Cameron Diaz. Déjanté et également doté d’une bande originale très efficace (cf. le titre de Beck, « Deadweight » dont le clip inspiré du film a été fait par Michel Gondry, nous y reviendrons également), c’est un peu le film « bizarre » parmi les films chelous de Danny Boyle, celui où Holly Hunter joue un ange déchu sadique, et où le générique de fin est joué par… de la pâte à modeler.

Bags of money

Comme je l’ai dit plus haut, la filmo de Danny Boyle est marquée par sa collaboration avec l’écrivain Alex Garland, qui soit dit en passant doit être un peu timbré dans sa tête. Sans être une seconde trilogie, cette collaboration a pris la forme de 3 films.

La Plage, tout d’abord, décrié par la critique, mais que je trouve pour ma part tout à fait regardable, parce qu’on retrouve les petites folies sadiques de Boyle, une B.O. fort honnête (UNKLE, Moby…), des acteurs convaincants, en particulier les seconds rôles, à commencer par ce ouf de Carlyle et Tilda Swinton.

28 jours plus tard, sorti 2 ans après, que j’ai vu seule dans une immense salle de cinéma le jour de sa sortie, et qui, fait désormais habituel, est finement joué, musicalement très bien accompagné (merci John Murphy – scoop ! je découvre également à l’instant que GY!BE fait également partie de la bande originale du film, sans être sur le disque), propose quelques scènes terribles, comme Londres déserte ou l’épisode du manoir en délire. Et telle une vache qui rit, osons une mise en abyme en signalant que 28 jours plus tard ouvre encore une trilogie. Vous connaissez certainement 28 semaines plus tard, produit par Danny Boyle, mais cette fois-ci réalisé par Juan Carlos Fresnadillo, où Robert Carlyle est de retour avec les crocs. Un film amoral et ultra sombre à mon sens encore plus réussi que 28 jours plus tard (et qui réussit d’ailleurs à faire oublier la fin terriblement décevante de son prédécesseur). Mais saviez-vous qu’un troisième opus était en projet, avec de nouveau Danny Boyle aux manettes, toujours autant de zombies, mais cette fois-ci 28 mois plus tard ? Je m’en lèche les babines…

Enfin, Sunshine, un film puissant, quasi-éthéré qui emprunte à 28 jours plus tard son côté science-fiction et son beau gosse Cillian Murphy. Détail qui a son importance aussi et qui fera plaisir à Fred, Underworld, après avoir fait des incursions dans les B.O. de Trainspotting (« Born Slippy »), Une vie moins ordinaire (« Oh ») et La Plage (« 8 Ball ») s’offre carrément dans Sunshine la co-écriture de la bande-son avec John Murphy.

Alex Garland et Danny Boyle : une collaboration qui permet de garder une certaine longueur de cheveux.

Bon cet article est démesuré, donc je ne raconterai pas Millions (mais regardez le, c’est très bien), ni Alien Love Triangle (que je n’ai de toute façon pas vu), et je m’arrêterai là. Vous n’aurez qu’à faire vous-même la synthèse de tout ce que j’aime dans les films de Danny Boyle : l’Ecosse, Manchester, la Grande-Bretagne glauque à souhait, Underworld et les autres groupes des années 1990, Ewan McGregor, la folie, les zombies, les sacs de biftons, walks in the park, nine to five, good at golf, washing the car, choice of sweaters, family Christmas, indexed pension, tax exemption, clearing gutters, getting by, looking ahead, the day you die.

 

Filmographie (hors TV) plus ou moins exhaustive de Danny Boyle...

Bag of money1994 : Petits meurtres entre amis (Shallow grave)

1996 : Trainspotting

1997 : Une vie moins ordinaire (A Life less ordinary)

2000 : La Plage (The Beach)

2002 : 28 Jours plus tard (28 days later)

2002 : Alien Love Triangle (court-métrage)

2004 : Millions

2007 : Sunshine

2009 : Slumdog Millionaire

En projet pour 2009 : 28 Mois plus tard (28 months later)

En projet : Porno (d'après un roman de Irvine Welsh)

 

 
~~~

 

* houla, je commence à faire des envolées lyriques vides de sens ; ce qui me fait penser à l’excellente chronique de Thomas Legrand ce matin sur Inter, que vous pouvez lire ici 

 

 

16 septembre 2008

Tous les chemins mènent aux Roms

Le vent du destin   

En ces temps...
... où les Roms reviennent à la mode (pour le meilleur, et souvent pour le pire si l'on en croit l'article de ce fabuleux média qu'est 20 minutes*, publié à l'occasion du sommet européen de lutte contre les discriminations à l'encontre des Tsiganes)...
... et où je ne prend pas le temps d'écrire grand chose parce que je travaille (pour le droit au logement opposable ; les Roms n'étant jamais bien loin)...
... je n'écris aujourd'hui que quelques lignes, au son de Goran Bregovic et à la gloire des Balkans.

J'en profite également pour vous conseiller le magnifique livre de photos de Françoise Brabo, Le vent du destin : manouches, roms & gitans, aux éditions Seuil. Et aussi vous faire part de petites curiosités étymologiques concernant ces personnes venues il y a un millénaire du Rajasthan, et que l'on connaît sous de multiples noms, généralement salement connotés :

Rom signie "homme" en romani, et ce terme a été adopté en 1971 par le Conseil mondial rom.
Gitan est un dérivé de "Egyptien" (cf. le terme anglais "gypsy").
Manouche vient de "manush", qui veut dire "être humain" en romani.
Tsigane est une transcription du terme grec athinganos "ceux qui ne touchent pas", car les Roms saluaient mains jointes (ils étaient peut-être aussi un peu intouchables).

*
*   *

* Réf. 20 minutes n° 1464 du mardi 16 septembre 2008, consultable sur 20minutes.fr, où l'on apprend que l'Italie a eu l'accord de Bruxelles pour ficher les immigrants "roumains", en leur collant notamment une étiquette - plus exactement, un formulaire accompagné d'une pseudo-carte d'identité - mentionnant leur "ethnie" et leur "religion". EDVIGE, c'est comme l'eugénisme : on n'en veut pas chez nous, mais on peut toujours tester sur les autres.

06 août 2008

Le retour des cuivres hypnotiques...

... découverts il y a un mois lors de l'Honest Jons Revue aux Nuits de Fourvière (cf. billet du 15 juillet). Après recherches, il s'avère que le morceau de l'Hypnotic Brass Ensemble que je vous proposais partiellement sur ma vidéo s'intitule "War", et qu'en version officielle, il est accompagné d'un chouette clip que je vous colle ici : 
 


Edit du 26 août...
Tout aussi chouette que cette vidéo, une version de "War" avec Freeway, Jay-Z et Beanie Sigel. C'est bref, mais ça vaut le coup, et c'est
ici !