15 juillet 2008

Honest Jons Revue

Un magasin de disques qu'il est cool.Mes amis, quel concert !

Déjà, j'étais arrivée au théâtre romain de Fourvière en ce 10 juillet avec le sourire aux lèvres, mais, fait extraordinaire, ma bonne humeur est même allée crescendo. Ceux qui me connaissent verront là le signe d'une soirée particulièrement exceptionnelle !

Tout a commencé par le contraste amusant entre le tas de vieilles pierres servant de décor et l'effervescence qui commençait à monter sur scène avec l'arrivée des musiciens et de leurs instruments divers et variés.

L'éclectisme était de mise de soir-là, puisque rappelons-le, l'Honest Jons Revue était l'un des 3 concerts proposés par le label Honest Jons – la première manifestation, An Honest Jon's Chop Up! s'étant tenue le 5 juillet au Barbican Centre de Londres, tandis que la troisième eu lieu dans le cadre du Lincoln Center Festival le 12 juillet au Avery Fisher Hall, à New-York.

Honest Jons, c'est le label créé par Damon Albarn et les propriétaires d'Honest Jons Records, « boutique interlope de disques de toutes sortes » sise dans le quartier londonien de Portobello (dixit Wikipédia, et dont j'avais déjà brièvement parlé ici), et ce triple événement musical était l'occasion de faire connaître un peu mieux les artistes diffusés par ce label touche-à-tout, à l'image de son estimé cofondateur.

N'goniKokanko Sata Doumbia a ouvert le bal, se révèlant « en Nina Simone malienne, voix exceptionnelle et virtuose du n'goni, qu'elle utilise comme Hendrix ses guitares électriques »1, puis a laissé la place à « trois chanteuses américaines [qui ont rejoint] tour à tour les musiciens : une diva de la soul, Candi Staton, une hippie décalée aux tendances country, Victoria Williams, et une chanteuse folk, Simone White dont les mélodies nous emmènent le long d'une route 66 qui aurait pris un sacrée coup de jeune. »2

Cette introduction, 100 % féminine et bigarrée, a ouvert la voie (la voix ?) à la fusion des genres, qui s'est progressivement faite à grand renfort de cuivres, balafon, guitares et basses, n'goni, mélodica, calebasse ou harmonium, nous conduisant « tantôt […] dans de lointaines contrées au son des chants maliens, tantôt […] au coeur de l'Amérique, [grâce] à un éventail de la richesse de la musique malienne, mêlée à la soul et au jazz-rock de l'Hypnotic Brass Ensemble, une formation de sept cuivres électriques, qui a enflammé Fourvière ! »2

 

L'Hypnotic Brass Ensemble, fanfare tout droit arrivée de Chicago, en action !

Lobi TraoréPoint de féminisme dans mes propos : les hommes ont été très bien aussi ! Echappé de The Good, the Bad and the Queen, était présent (outre Simon Tong) Tony Allen, qui « [a marié] sans peine ses percussions aux cuivres déchaînés [de l’] Hypnotic Brass Ensemble »1, tout comme « l'extraordinaire Lobi Traoré, guitariste exceptionnel, revendiquant son amour pour John Lee Hooker et Johnny Halliday (sic !), [qui] montre que la musique malienne peut avoir l'énergie euphorique du rock le plus percutant »1. Mention spéciale aussi pour Afel Bocoum, le partenaire de Mali Music, au sourire aussi immense que la beauté de « son blues malien épuré et fragile ».1

Et même si la nuit était tombée depuis longtemps sur Fourvière, le « Sunset Coming On » final a été sublime, avec au micro un Damon Albarn assez sage, encadré par le trio de choristes soul-country-folk d'un côté et l'Hypnotic Brass Ensemble de l'autre.

Le maître de cérémonie a réussi par sa notoriété à rassembler un public curieux et joyeux, et il a su rester très discret sur scène sans cacher pour autant son plaisir. La fin de soirée informelle au son des cuivres loin de la scène prouve d'ailleurs que le pari de « faire voler en éclats les barrières » (philosophie d'Albarn) a été tenu.

Un concert simplement inoubliable.

 


En prime, une petite vidéo illégale ET de mauvaise qualité où vous retrouverez la fanfare sensationnelle de l'Hypnotic Brass Ensemble et la chanson de fin du concert, avec en guise de choristes de luxe, Mrs. Staton, Williams & White et dans le rôle de l'accompagnement, les cuivres de Chicago et la fine fleur des musiciens maliens et nigérians !
 


Merci et longue vie à mes sources !

1. Le Petit Bulletin
2. MygMusique

Une vidéo un peu plus officielle ici...

Commentaires

J'ai écouté Think Tank ce we, il faudrait vraiment que j'ecoute ces projets plus récents.

Ecrit par : fred | 27 juillet 2008

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