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29 septembre 2006

Téléphobie et coccinelles

J'ai peur de la télé.
Peur de 2 choses.

medium_tvcrash.2.jpgLa première, c'est l'absolue nullité de ce qui passe sur les "grandes" chaînes. Vous le vérifierez par vous-même en regardant la colonne de droite. Cependant, parfois, à 01H25, sur Arte ou France 3, on trouve une perle.

La deuxième chose dont j'ai peur, c'est justement desdites perles. En général, c'est le film surréaliste norvégien sur les inadaptés sociaux qui font une coloc (Leming) ou le Ken Loach des années 90.

medium_Ladybird1.2.jpgCette semaine, je suis tombée sur Ladybird, un film qu'il est pas très amusant à regarder. C'est tiré d'une histoire vraie, à savoir celle d'une femme qui fait des mômes avec tous les mecs qu'elle rencontre, et qui se les fait enlever les uns après les autres par la DDASS (tiens, ça donne "sad" à l'envers). C'est horriblement frustrant, comme film, parce que tu sais ce qui va arriver, et tu te dis que tu ne peux rien y faire. Je ne parle pas de l'attitude de spectateur, mais de celle des personnages eux-mêmes.

medium_Guinness.2.jpgMaggie, l'héroïne (la nicotine, dans le cas présent), c'est une pauvre fille irlandaise pas très fute-fute mais attachante, qui parle plus vite qu'elle ne pense, si toutefois elle pense. On a à la fois envie de la plaindre parce qu'elle subit injustice sur injustice (elle est elle-même une gamine de la DDASS et en plus, son dernier Jules est un Paraguayen en exil politique et sans papiers : yeah !) et de la secouer en lui disant qu'elle est vraiment trop conne d'aller faire des karaokés en se saoûlant alors que ses 4 mômes jouent à la maison avec le camping-gaz... Mais le monde de Maggie, c'est l'univers habituel des films sociaux anglais. La critique de Loach dans Ladybird porte sur les conneries des services sociaux. Et il n'y va pas de main morte.


Ca fonctionne comme ça, le film social. Le postulat de départ, c'est que les gens, ils sont trop malheureux dans les Îles Britanniques. Et après, le réalisateur brode sur un sujet, en choisissant la ville (grise), la période (grise) et les acteurs (une fois sur deux, Peter Mullan).

medium_british_cinema_of_the_90s.jpg

 

 

Mes conseils
dans la rubrique
"le cinéma anglais
c'est top gai":


 

Sweet Sixteen de Ken Loach (la misère, la violence, la prison et la drogue à Greenock, Ecosse)
My Name is Joe de Ken Loach (la misère, la violence, l'alcool et la drogue à Glasgow, Ecosse)
Liam de Stephen Frears (la misère, la violence, la religion et le chômage pendant la Dépression à Liverpool, Angleterre)
Young Adam de David Mackenzie (la misère, la violence, la prison et la mort dans les années 1950 entre Glasgow et Edimbourg, Ecosse)
The Magdalene Sisters de Peter Mullan (la misère, la violence, la religion et la honte il n'y a pas si longtemps que ça à Dublin, Irlande)
Small Faces de Gillies MacKinnon (la misère et les guerres de gangs en 1968 à Glasgow, Ecosse)

 

Commentaires

j'ajoute, pour me la péter :

The Navigators de Ken Loach (la misère, le système féroviaire anglais, le chômage, l'alcool)

et en plus drôle bien sûr

The Full Monty de Peter Cattaneo (le chômage, les usines fermées, le strip tease)

En France on vient de sortir le très mauvais Lucas Belvaux La Raison du plus faible. Un peu le même genre, la Belgique post industrielle, des chômeurs et l'envie de s'en sortir par tous les moyens (y compris braquage et meurtre). Oubliez le scénario, plutôt alléchant, car l'interprétation est mauvaise (merci Lucas Belvaux pour ton énième prestation de loubard à deux balles) et c'est trop long.

Merci à SuperAmèl pour ses chroniques culture et vive le cinéma social !

Nicolas

Ecrit par : Wonder Loach | 29 septembre 2006

Ma chronique culture est bien ambitieuse dans l'esprit. Le résultat est relativement pauvre (manque de méthodologie, de temps et de motivation principalement). Grace à toi, le public n'est pas inexistant, et c'est déjà ça. Bravo d'être si fidèle, même quand tu es loin et que tu as autre chose à faire. Ca me fait chaud au coeur.

Pour ce qui est de tes propositions :
- j'ai pas vu "The Navigators", sinon, je l'aurai intégré à la liste avec plaisir ;
- je classerai plutôt "The Full Monty" dans la série des comédies britanniques. Ca n'empêche pas l'aspect social, mais la démo sur Donna Summer à l'ANPE casse tout... ;
- Lucas Belvaux ne m'inspire pas. Son coup d'éclat avec sa trilogie sortie en 2002 m'a fait penser que je n'aimerais pas le boulot de ce gars. Je me trompe peut-être, mais je pense que je ne le saurai jamais.

Mieux vaut Ken Loach que Klaus Barbie.
Anarchy in the U.K.

Ecrit par : [aMèLe] | 29 septembre 2006

Je signale que ton lien à gauche vers Radiohead ne fonctionne pas. Et cela me fait penser à ce site absolument incontournable pour qui veut le dernier enregistrement de Radiohead je ne sais où :
http://www.radiohead-notforprofit.com/
Enjoy mais attention à la Police

Nico

Ecrit par : Wonder Radiohead | 04 octobre 2006

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