08 mars 2011

Fade to grey, l'autre visage de mes titres cucultes.

 

Montréal Street Spirit

 

Huhum, un petit instant, je repousse les toiles d'araignées qui se sont posées là ces derniers mois, je lustre un peu mon clavier, j'inspecte quelques répertoires, je suis à vous dans un instant...

 

En traînant sur BrainMagazine, tout à l'heure, entre un article sur "La Cagole, plaisir de France" et le  radio mix de Jamie XX (dont je venais tout juste de découvrir la collaboration avec Gil Scott Heron sur le Trax des vécés - mais oui, nouvelle ville, nouvelle maison, nouveaux colocs, et toujours Trax dans les vécés !), je suis tombée sur une piste (et sur l'image animée qui l'accompagnait) qui ne pouvait que me plaire. La mention du nom de l'artiste m'avait déjà décidée à cliquer, mais le titre a fini de me mettre l'eau à la bouche. Je vous fais partager ma découverte :

 

Spoek Mathambo - "Control"

Vous aurez peut-être reconnu, dans le désordre : l'Afrique du Sud, Spoek-l'acolyte-de-Sibot-pour -Playdoe, et bien sûr la reprise de Joy Division. Etrange : j'avais dans l'idée de faire ce billet sur quelques clips en noir et blanc que j'aime bien (voire beaucoup), et je me rend compte à l'instant que le plus beau "clip" en noir et blanc que j'ai vu ces dernières années est Control d'Anton Corbijn. Comme quoi, le monde est aussi petit que le circuit des pensées dans ma cervelle (et voui, vous aurez peut-être trouvé des similitudes entre Spoek et Casey...)

 

Bon, puisque j'ai balancé le pitch, je continue sans faire beaucoup plus de commentaires que légender les vidéos.

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Arnaud Fleurent Didier - "France Culture"

La chanson est sans doute plus connue que le clip, qui mérite je pense d'être (re)vu et apprécié.

 

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Radiohead - "Street Spirit (Fade Out)"

Plus vieux (et pour autant plus d'actualité si l'on pense aux images de "Lotus Flower" pour The King of Limbs), mon clip préféré de Radiohead, qui accompagne une chanson que j'aime également beaucoup.

 

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Jay-Z feat. Alicia Keys - "Empire State of Mind"

Autre registre : je mets ça ici surtout parce que je suis la première fan de Jay-Z et que cette chanson tire-larmes est bien efficace (sans parler d'Alicia Keys qui arrive à faire croire qu'elle est bonnasse derrière son piano).

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Filastine - "Singularities"

Je triche, parce que c'est pas tout à fait du noir et blanc, mais puisque je n'ai fait qu'une discrète dédicace au père Nico A. en début de billet, Filastine mérite bien une place last but not least. Ah, au passage, allez donc faire un tour sur le site de Jarring Effects, qui a toujours de bonnes idées à vous proposer !

13 juin 2010

The rainbow motion

... roue libre et idées fixes.

Spray Bike (Ben Wilson) @ MFW, mai 2010.

Ces temps-ci, j'ai l'impression d'avoir un petit vélo dans la tête.

Ceci explique peut-être mon incapacité actuelle à faire marcher la planche à billets - ça, et une certaine tendance à la dispersion. J'ai entamé il y a plus d'un an et demi un pseudo décalogue dédié à quelques réalisateurs que j'apprécie et le constat est plutôt affligeant : malgré un certain enthousiasme lorsque je suis vraiment lancée (ici et ), tout ceci manque singulièrement de rigueur. Il me faut vous avouer un terrible secret : je ne suis pas l'affreux petit robot déterminé que j'essaye d'incarner (de métalliser ?), mais une marmotte ventripotente qui met de la procrastination dans du papier alu.

Les notes un peu personnelles sont donc de plus en plus rares, et je me laisse le plus souvent aller à la facilité : photos sans commentaire, clips ou copier-coller. Je ne sais donc pas ce que vous venez chercher parmi cette jungle, ni si vous y trouvez quelque chose. J'ai pourtant quelques commentateurs/trices fidèles, et mes statistiques me disent que pas mal d'inconnus viennent quotidiennement s'échouer sur ces p(l)ages désertées, après avoir lancé des recherches sur G**gle telles que "tecktonik cheveux" ou "comment se termine le film the magdalene sisters de peter mullan" (réponse : mal). C'en est presque déroutant, et cela me fait me reposer continuellement cette même triple question : pourquoi, pour qui et comment écrire. La première partie est sans doute insoluble (j'ai des tas d'explications, toutes fausses). La seconde importe finalement assez peu. Quant à la troisième, mieux vaut ne pas se poser trop de questions, et y aller, mot après mot, phrase après phrase, l'imagination appelant l'image, et l'élan m'entraînant vers la ligne de suite.

Il y a finalement une activité qui me procure des sensations comparables à l'écriture, à ceci près que je m'y adonne avec un peu plus de régularité. Cette activité qui allie l'élan et l'imagination, c'est la bicyclette. Vélo et écriture sont selon moi deux choses qui évoquent une spirale ascendante. Je m'explique : que l'on utilise les roues du vélocipède ou les 5000 à 70.000 mots de notre vocabulaire courant (si je me réfère à la loi de Zipf), de façon fatalement cyclique, on va paradoxalement quelque part, et ce quelque part s'apparente à un ailleurs. De l'évasion à pas cher ! Magique ! Je nuance tout de suite ma belle théorie huilée sur le cyclisme (ce qui est cyclique, s'entend) : il m'arrive d'inventer des mots épicurieux, tout comme j'emmène parfois un développement aberrant (si si, grand plateau / petit pignon, c'est bon pour les fessiers). Et l'analogie continue... Même s'il est difficile de s'y remettre, bicyclette et écriture participent d'une machinerie qui s'auto-entraine et finit par produire quelque chose, même si c'est invisible. Le plaisir de l'effort récompensé, l'envie de continuer et de recommencer.

 

De la petite reine au Petit Prince...

 

... ça ressemble à un "à bientôt", non ?

13 janvier 2010

Autofiction

2010, année du Tigre !J'ai croisé pour la première fois le nom d'Eric Chevillard en 1997. Il venait alors de publier Au plafond, qui suscitait des critiques mystérieuses mais enthousiastes. Il aura fallu 12 ans pour que je revoie ce nom, sur une double page, dans un curieux magazine curieux dont l'on venait de me conseiller la lecture (je ne ferai probablement jamais de billet là-dessus, mais lisez Le Tigre !).

J'ai découvert par la même occasion que cette rubrique tigrée intitulée "L'autofictif" avait de la famille sur la toile. Dans mon Netvibes, on trouve donc ce lien, que je clique avec un plaisir renouvelé tous les jours. Légèreté, cynisme, surréalisme, tristesse, poésie : il y a un peu de tout cela dans le triptyque quotidien d'Eric Chevillard. Et puis c'est bien lorsque l'on est blogophage : qu'il pleuve, qu'il vente ou qu'il neige, on trouvera chaque matin, fidèles au poste, nos trois courts paragraphes (un peu de relâche quand même en été, mais si peu).

Morceau choisi, le billet 778, daté de ce jour :

 

Je suis aussi un fin psychologue, voici ma dernière théorie : un enfant sans inhibition, sans timidité, tout de suite adapté et sociable, va grandir dans le groupe, dans la bande, acquérir par conséquent des réflexes et des comportements d’animal grégaire, pur produit de son époque, parfaitement à sa place dans le système, conforme aussi à ce que celui-ci attend de lui, sans originalité, tout en surface, un consommateur docile, une tête creuse… tandis que l’enfant rechigné, solitaire, complexé, sera bien obligé de se tenir à lui-même compagnie et donc de se rendre intéressant, il s’instruira, il apprendra à se connaître, il développera son sens critique. L’intelligence a autrefois connu l’humiliation et l’ennui ; la bêtise nous parle encore de son enfance heureuse.


Les mots possèdent naturellement une charge péjorative qu’il convient de désamorcer avec précaution lorsque l’on se veut par exemple élogieux ou enthousiaste. Si nous les laissons parler, si nous nous bornons à nommer ou à décrire ce qui est, alors il ne fait en effet aucun doute qu’ils sont affectés négativement et qu’ils épinglent ironiquement ce qu’ils désignent.



Une ombre gagne, l’ombre froide d’une éclipse totale… c’est Choir, c’est l’île de Choir qui s’interpose.

 

- Eric Chevillard, L'Autofictif -