31 juillet 2012

Merci le laid.

Molecule.106.jpgAprès les conversations avec Flods, les premières minutes de cutage* dans une salle de cinéma sont le moment privilégié où je me rappelle que j'ai un blog et que je n'ai pas envie – sans vraiment trop savoir pourquoi – de le faire disparaître de la toile.

Ce qui éveille mon esprit dans cette situation, et déchaîne chez moi des bribes de phrases assassines, ce sont les publicités. Attention, hein, pas les pubs localo-dégueulasses qui n'ont pas changé depuis 1993 (Domino's Pizza ou Les terrasses de Prémesques, leurs couleurs criardes et musiques en-dessous de tout). Non, plutôt la propagande pour des produits cools qu'on arrivera d'autant mieux à te vendre que les images léchées qu'on offre à tes yeux gourmands ressemblent à un clip, avec voix off exaltée ou images au débit de sulfateuse qui se passent de tout commentaire.

Ces mini-blockbusters, se sont les pubs pour Red Bull, pour Levi's, ou même pour l'Armée de l'Air, pour ne citer que celles vues encore ces derniers mois et dont je me souviens.

A chaque publicitaire sa stratégie.

Red Bull mise sur l'adrénaline et le côté taiseux du sportif extrême, avec son montage rapide de vidéos de no limit hors-piste dans la vague. Buvez donc cet ersatz de Mucomyst, ça donne des ailes. Mouais, sûrement plus de chances qu'elles poussent avec une bonne rasade de vodka dedans.

Levi's, avec son « Go Forth », interpelle l'indigné qui sommeille en toi. Images en simili Super 8, et surtout ce texte... Your life is your life / Don’t let it be clubbed into dank submission / Be on the watch / There are ways out / There is a light somewhere / It may not be much light but / It beats the darkness… La bonne idée du pubard, ce n'est pas de pondre un slogan choc, mais plutôt d'aller voler sans vergogne le poème de Charles Bukowski, « The Laughing Heart ». Lu par Tom Waits bien sûr, histoire de convaincre d'une voix brûlée au whisky les derniers sceptiques qui ne se laisseraient pas emporter par l'émeute.

Du coup, l'armée a tout compris, et a aligné le budget pour faire sa campagne de recrutement, habile croisement de Pearl Harbor et des Chevaliers du ciel, caméra embarquée et propos galvanisateur. Toujours à la pointe de la modernité celle-là.

Mais pourquoi ça marche ? Parce que nos esprits avides de sensations quoique bercés par la ronronnante musique de la société de consommation ne demandent que ça. Reebok, avec son détournement de l'ouverture de « Guillaume Tell », avait ouvert la voie il y des années. Ce n'est pas de la pub. Non. C'est de l'émotion, du rêve, de l'art. D'autant plus que l'on enchaîne quasiment sans transition avec Batman, Transformers ou le dernier film avec Jason Statham, enfin bref, par la même chose en long format. Pour combler du temps de cerveau disponible, il n'y a plus de réclame, il n'y a que du cinéma.

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* Pour ceux qui ne parlent pas ma langue, c'est l'acte de poser son cul par exemple sur un fauteuil-strapontin rouge un peu moelleux, autrement dit, « se cuter ».


30 juillet 2012

A mon insu portable.

 téléphone.jpegJe crois que la première fois que j'ai appelé d'une cabine, c'était en PCV, pour demander à ma mère si je devais prendre du pain. Par la suite, j'ai passé un coup de fil à la maison une fois par semaine depuis la cabine située dans la cour de l'internat de mon lycée. Les choses ont changé quelques jours avant de faire ma rentrée dans le supérieur, lorsque ma mère m'a accompagnée chez France Télécom (qui était en train de devenir Orange) pour m'acheter un portable. C'était il y a longtemps, je me souviens du poids mais j'en ai oublié la marque. En tout cas, il était de la génération des Nokia 3210, avec écran bicolore et « fonction enclume » comme je l'ai lu chez WonderPomme. Mon forfait à 15 € m'a dépanné durant des années, et encore aujourd'hui, je m'accroche à ma prestation téléphonique au ras des pâquerettes qui n'est plus proposée depuis une éternité, et que mon opérateur serait certainement ravi de remplacer par-moins-bien-mais-plus-cher. Après 2 ans ½, la batterie de ce téléphone préhistorique était vraiment trop amochée pour en permettre l'usage. J'ai donc à contrecœur poussé la porte d'une boutique Orange pour le remplacer. Je crois que le vendeur était surpris de la longévité de la bête (il ne devait lui-même pas être beaucoup plus âgé). Je suis passée au Siemens A65, le portable le plus simple et parmi les moins chers trouvés en rayon. Pas d'appareil photo, à peine quelques couleurs pour égayer l'écran, parfait. Lui aussi aura duré une trentaine de mois. Une fois la touche « 4 » irrémédiablement foutue, j'ai bien dû m'y résoudre : après y avoir sérieusement réfléchi, il m'était difficile de me passer d'un portable (oh, pas que ce fût un besoin important, mais ça me rassurait d'avoir ce gadget lors de longs trajets en voiture). Et je me ré-engageai donc pour 24 mois avec un Sagem my411. Impossible de savoir combien de temps ce dernier aurait tenu : il m'a été subtilisé aux puces de St Ouen après environ un an d'assez bons et loyaux services. De nouveau, le même constat : malgré mon téléphone fixe et la praticité de l'Internet, difficile de faire sans mobile, d'abandonner mon numéro de 10 ans, de revenir en arrière à une époque où ne pas avoir de portable est encore plus incompréhensible que ne pas avoir de frigo. Bonjour donc le Nokia C1, encore une fois le plus basique du magasin Orange, et qui plus est doté de la meilleure « note écologique » (oui oui). Bilan, depuis 1 an ½, l'ami Nokia filtre des appels sans mon accord, subtilise des morceaux de textos et sabre allègrement dans le dictionnaire pré-enregistré, et ce toujours pour la modique somme de 15 € par mois. A part quelques irréductibles qui bichonnent leur Samsung e1150 ou Nokia 1650, je fais figure d'attardée auprès de mon entourage avec ma technologie à peine tri-bande et mon phone pas très smart.

Samsung Galaxy SIII, iPhone 4, Blackberry Curve 3G 9300... Ils ont séduit tant de jeunes et moins jeunes, alors pourquoi pas moi ?

Parce que...

… tout comme une machine à coudre Singer ou Bernina est increvable (ou presque – malheureusement) comparée aux saloperies de maintenant, le portable qui n'a pas besoin d'être rechargé tous les jours, qui n'a pas 35 touches, et qui n'a pas un écran de 3,5 pouces est moins susceptible de me claquer entre les mains au moment où j'en ai vraiment besoin...

… il est absolument inconcevable que je paye 50 € par mois pour qu'on puisse me faire ch*** H24 au téléphone (15 € c'est déjà trop cher)...

… le fait de pouvoir chercher immédiatement sur Google ou Wikipédia la réponse à une question qui aurait, fût un temps, occasionné une discussion d'un quart d'heure, est pour moi un crève-cœur terrible...

… le GPS intégré, l'application qui te permet de trouver des toilettes publiques pas fermées, de choper le numéro de la bombasse d'à côté ou de jouer à Angry Birds condamnent selon moi la joie de se perdre dans les petites rues d'une ville, de muscler sa vessie, de séduire maladroitement, de laisser vagabonder son esprit...

… SURTOUT, il n'y a rien de pire que d'être installé autour d'une bière avec des amis qui posent systématiquement le bidule sur la table, le dégainent pour un oui ou pour un non, sont ravis de te montrer à quel point c'est génial de vivre avec une application sans laquelle ils ont toujours vécu heureux auparavant, mettent en moyenne 1 seconde pour poster un lol sur une photo de Facebook du niveau d'un « prem's » sur une illustration de Margaux Motin. Si si, j'en connais, et y'en a des biens.

Je dois être une vieille conne-xion.

 

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NB : merci Flods de m'avoir redonné envie de poster,
et de m'avoir fourni un peu de matière ! Eh eh eh... :-)

 

08 mars 2011

Fade to grey, l'autre visage de mes titres cucultes.

 

Montréal Street Spirit

 

Huhum, un petit instant, je repousse les toiles d'araignées qui se sont posées là ces derniers mois, je lustre un peu mon clavier, j'inspecte quelques répertoires, je suis à vous dans un instant...

 

En traînant sur BrainMagazine, tout à l'heure, entre un article sur "La Cagole, plaisir de France" et le  radio mix de Jamie XX (dont je venais tout juste de découvrir la collaboration avec Gil Scott Heron sur le Trax des vécés - mais oui, nouvelle ville, nouvelle maison, nouveaux colocs, et toujours Trax dans les vécés !), je suis tombée sur une piste (et sur l'image animée qui l'accompagnait) qui ne pouvait que me plaire. La mention du nom de l'artiste m'avait déjà décidée à cliquer, mais le titre a fini de me mettre l'eau à la bouche. Je vous fais partager ma découverte :

 

Spoek Mathambo - "Control"

Vous aurez peut-être reconnu, dans le désordre : l'Afrique du Sud, Spoek-l'acolyte-de-Sibot-pour -Playdoe, et bien sûr la reprise de Joy Division. Etrange : j'avais dans l'idée de faire ce billet sur quelques clips en noir et blanc que j'aime bien (voire beaucoup), et je me rend compte à l'instant que le plus beau "clip" en noir et blanc que j'ai vu ces dernières années est Control d'Anton Corbijn. Comme quoi, le monde est aussi petit que le circuit des pensées dans ma cervelle (et voui, vous aurez peut-être trouvé des similitudes entre Spoek et Casey...)

 

Bon, puisque j'ai balancé le pitch, je continue sans faire beaucoup plus de commentaires que légender les vidéos.

*

Arnaud Fleurent Didier - "France Culture"

La chanson est sans doute plus connue que le clip, qui mérite je pense d'être (re)vu et apprécié.

 

*

Radiohead - "Street Spirit (Fade Out)"

Plus vieux (et pour autant plus d'actualité si l'on pense aux images de "Lotus Flower" pour The King of Limbs), mon clip préféré de Radiohead, qui accompagne une chanson que j'aime également beaucoup.

 

*

Jay-Z feat. Alicia Keys - "Empire State of Mind"

Autre registre : je mets ça ici surtout parce que je suis la première fan de Jay-Z et que cette chanson tire-larmes est bien efficace (sans parler d'Alicia Keys qui arrive à faire croire qu'elle est bonnasse derrière son piano).

*

 

 
Filastine - "Singularities"

Je triche, parce que c'est pas tout à fait du noir et blanc, mais puisque je n'ai fait qu'une discrète dédicace au père Nico A. en début de billet, Filastine mérite bien une place last but not least. Ah, au passage, allez donc faire un tour sur le site de Jarring Effects, qui a toujours de bonnes idées à vous proposer !